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Camionnage : comment briser le plafond des 4 % de femmes dans l’industrie

  • Francis Tremblay
  • 19 avr.
  • 2 min de lecture

Malgré les campagnes de recrutement et les efforts de modernisation, la proportion de femmes dans l’industrie du camionnage demeure désespérément basse, oscillant autour de 4 % en Amérique du Nord. Un chiffre qui stagne depuis plusieurs années, alors même que le secteur fait face à une pénurie chronique de main-d’œuvre. Pour renverser la tendance, plusieurs acteurs s’entendent : il faudra aller bien au-delà du simple discours et transformer concrètement les pratiques.


Un problème structurel, pas un manque d’intérêt


Contrairement à certaines perceptions, les femmes démontrent un intérêt réel pour les métiers du transport. Toutefois, plusieurs obstacles freinent leur entrée et leur rétention : conditions de travail exigeantes, manque d’infrastructures adaptées, culture encore très masculine et horaires peu conciliables avec la vie familiale.


« Ce n’est pas un problème d’attraction, c’est un problème d’adaptation de l’industrie », résument plusieurs intervenants du milieu.


Des mesures concrètes à mettre en place


Pour faire bouger l’aiguille, les entreprises de transport et les institutions de formation doivent adopter une approche globale :


1. Adapter les conditions de travail

Des horaires plus flexibles, des routes mieux planifiées et la possibilité de revenir à la maison plus fréquemment peuvent faire une différence majeure. Le modèle du “long haul” traditionnel n’est plus compatible avec les attentes d’une nouvelle génération, hommes comme femmes.


2. Investir dans des infrastructures sécuritaires

Le manque de douches sécurisées, d’aires de repos adaptées et d’installations sanitaires pour les femmes demeure un frein important. Moderniser les haltes routières devient essentiel pour créer un environnement inclusif.


3. Favoriser un environnement respectueux

La lutte contre le harcèlement et les comportements toxiques doit être une priorité. Cela passe par des politiques claires, des formations internes et une tolérance zéro.


4. Mettre de l’avant des modèles féminins

La visibilité de camionneuses expérimentées joue un rôle clé. Les initiatives comme les communautés de femmes dans le transport contribuent à briser les préjugés et à inspirer la relève.


5. Revoir la formation et l’accès au métier

Encourager les femmes dès les centres de formation professionnelle, offrir du mentorat et faciliter l’accès au financement pour les permis peuvent accélérer leur intégration.


Un levier économique sous-estimé


Augmenter la présence féminine ne relève pas seulement de l’équité : c’est aussi une stratégie économique. Dans un contexte où des milliers de postes demeurent vacants, ignorer la moitié du bassin de main-d’œuvre potentiel représente un luxe que l’industrie ne peut plus se permettre.


Certaines entreprises qui ont pris ce virage constatent déjà des retombées positives : meilleure rétention, climat de travail plus sain et diversification des approches opérationnelles.


Changer la culture, un défi de longue haleine


Si les solutions sont connues, leur mise en œuvre demande un véritable changement de culture. L’industrie du camionnage, historiquement façonnée par des réalités différentes, doit aujourd’hui évoluer pour refléter la société actuelle.


La barre des 4 % n’est pas une fatalité. Mais pour la dépasser, il faudra une mobilisation réelle — des transporteurs aux donneurs d’ordres, en passant par les gouvernements et les médias spécialisés.


Car au final, ouvrir la route aux femmes, c’est ouvrir la voie à l’avenir du camionnage.


 
 
 

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