Truck stops : le sentiment d’insécurité persiste pour plusieurs camionneuses
- Francis Tremblay
- il y a 4 jours
- 2 min de lecture

Pour de nombreuses camionneuses, le truck stop est censé être un refuge : un endroit pour refaire le plein, manger, prendre une douche et surtout… se reposer. Pourtant, sur le terrain, plusieurs femmes de l’industrie décrivent encore un sentiment d’insécurité lorsqu’elles doivent s’arrêter, particulièrement la nuit ou dans des secteurs isolés.
Un enjeu réel, souvent sous-déclaré
Les camionneuses parlent d’une réalité faite de regards insistants, de commentaires déplacés, de personnes qui s’approchent trop près de la cabine, ou encore d’espaces mal éclairés où l’on hésite à marcher seule vers les douches ou le dépanneur. Même lorsqu’il n’y a pas d’incident, c’est l’accumulation de signaux qui crée une pression : vigilance constante, sommeil léger, itinéraires modifiés.
Le problème n’est pas “les femmes”, mais l’environnement
Au cœur du problème : des stationnements immenses, parfois peu surveillés, avec un éclairage inégal, des caméras absentes ou inefficaces, et des zones où l’on peut circuler sans être vu. À cela s’ajoute la pénurie de stationnement, qui force parfois des arrêts “par défaut” plutôt que “par choix”, au moment où la fatigue impose de s’immobiliser.
Des solutions existent — et elles sont applicables
Dans l’industrie, plusieurs mesures reviennent souvent comme des “bases” de sécurité :
• Éclairage renforcé dans les zones de marche (douches, dépanneur, restauration).
• Caméras visibles et signalées, avec présence ou rondes de sécurité.
• Accès contrôlé à certaines portes (douches, toilettes) et boutons d’appel d’urgence.
• Zones réservées / sécurisées ou “safe parking” mieux identifiées.
• Procédures claires pour signaler rapidement une situation inquiétante, sans minimiser.
• Tolérance zéro face au harcèlement, avec affichage et intervention du personnel.
Un enjeu de recrutement et de rétention
Alors que l’industrie cherche à attirer davantage de femmes, la sécurité n’est pas un “plus” : c’est un pré requis. Plusieurs camionneuses affirment que leurs arrêts sont planifiés d’abord selon la sécurité — parfois au détriment du temps, du confort ou de la productivité. Résultat : certaines évitent certains truck stops, changent leur routine, ou quittent même des routes longues distances.
Repenser l’arrêt comme un maillon de la sécurité
Améliorer la sécurité des femmes dans les truck stops ne passe pas uniquement par des conseils individuels. C’est un sujet de conception des lieux, de gestion, de surveillance et de culture. Truck stops, transporteurs, associations et autorités ont tous un rôle à jouer pour que l’arrêt redevienne ce qu’il doit être : un endroit où l’on peut récupérer — sans peur.
Sécurité des camionneuses : un enjeu encore trop réel dans les truck stops.
Éclairage insuffisant, zones isolées, manque de surveillance… plusieurs femmes disent rester sur leurs gardes, surtout la nuit. La solution? Plus de lumière, caméras visibles, rondes de sécurité, zones “safe parking” et tolérance zéro face au harcèlement.







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