KLLM poursuivie par l’EEOC : des camionneuses auraient été moins payées et forcées d’attendre plus longtemps pour leur formation
- Francis Tremblay
- il y a 12 heures
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Une importante entreprise américaine de camionnage se retrouve au cœur d’une poursuite fédérale concernant le traitement réservé aux femmes pendant la formation des nouveaux chauffeurs.
La U.S. Equal Employment Opportunity Commission (EEOC) a intenté, le 5 août 2026, une poursuite contre KLLM Transport Services et sa filiale KLLM Driving Academy devant la Cour de district des États-Unis pour le district nord du Texas. L’agence fédérale soutient que certaines règles du programme de formation auraient désavantagé les camionneuses par rapport à leurs collègues masculins.
Il est important de préciser qu’il s’agit d’allégations contenues dans une poursuite. Elles n’ont pas encore été tranchées par un tribunal et aucun jugement n’a, à ce stade, conclu que KLLM avait enfreint la loi.
Une formation sur la route d’environ six semaines
Le litige concerne principalement la période de formation sur la route des nouveaux chauffeurs. Selon la plainte rapportée par Human Resources Director America, cette étape durait environ six semaines et permettait aux nouveaux employés de travailler avec un chauffeur-formateur expérimenté avant de prendre la route seuls.
Avant cette formation, les chauffeurs devaient remplir un formulaire indiquant s’ils préféraient être jumelés avec un homme, une femme ou s’ils n’avaient aucune préférence.
C’est précisément la manière dont ces préférences auraient été gérées qui se retrouve au centre de la poursuite.
Des camionneuses auraient attendu sans être payées
L’une des principales allégations de l’EEOC concerne la rémunération pendant l’attente d’un formateur.
Selon la plainte, une femme qui choisissait d’attendre qu’une formatrice soit disponible pouvait devoir patienter sans être rémunérée lorsqu’un formateur masculin était disponible.
L’EEOC soutient que les hommes qui souhaitaient attendre un formateur masculin n’étaient pas soumis au même traitement et pouvaient être payés pendant cette période d’attente.
Pour l’agence fédérale, cette différence de traitement fondée sur le sexe constitue un élément central de la poursuite.
Une obligation supplémentaire concernant le conjoint
Une deuxième pratique alléguée attire particulièrement l’attention.
Selon la plainte, une femme acceptant d’effectuer sa formation avec un homme — ou indiquant n’avoir aucune préférence quant au sexe de son formateur — devait signer une déclaration confirmant qu’elle avait informé son conjoint ou sa personne significative qu’elle effectuerait sa formation avec une personne du sexe opposé.
L’EEOC affirme que les chauffeurs masculins n’étaient pas soumis à une obligation comparablelorsqu’ils étaient jumelés avec une formatrice.
Des formateurs masculins auraient pu refuser des camionneuses
Une troisième allégation concerne directement la disponibilité des formateurs.
D’après la poursuite, les formateurs masculins auraient été autorisés à refuser d’être jumelés avec des femmes, sans avoir à fournir de justification particulière.
Cette situation aurait eu des conséquences importantes puisque la majorité des formateurs étaient des hommes. Le nombre de formateurs disponibles pour les femmes aurait donc été plus limité, ce qui aurait entraîné des délais supplémentaires avant le début de leur formation et, par conséquent, avant qu’elles puissent accéder à leur pleine rémunération.
22 femmes auraient attendu simultanément un formateur
La plainte cite notamment le cas d’une conductrice qui n’avait exprimé aucune préférence concernant le sexe de son formateur.
Selon les informations rapportées, elle aurait attendu environ un mois avant qu’on lui propose un formateur situé à Atlanta, en Géorgie, soit à plus de 700 milles de l’endroit au Texas où elle vivait et avait suivi sa formation.
Lorsqu’elle aurait demandé pourquoi l’attente était aussi longue, une représentante des services aux étudiants lui aurait indiqué que certains hommes choisissaient de ne pas former de femmes et que 22 femmes attendaient alors un formateur.
Dans un autre cas présenté dans la plainte, une participante aurait été informée que son mari, lui-même étudiant chez KLLM, devait donner son consentement avant qu’elle puisse être jumelée avec un formateur masculin.
L’EEOC vise les politiques de l’entreprise
L’importance de cette poursuite dépasse les situations individuelles rapportées.
Selon Human Resources Director America, l’EEOC remet en question la conception même de certaines politiques de formation de l’entreprise. L’agence soutient essentiellement que des travailleurs placés dans des situations comparables auraient été traités différemment selon leur sexe.
L’affaire est présentée comme une poursuite visant une pratique ou un modèle de comportement à l’échelle de l’entreprise et concernant une catégorie de candidates et d’employées, plutôt qu’un seul événement isolé.
Une procédure qui remonte à 2025
La poursuite déposée en août 2026 représente l’aboutissement d’un processus qui s’étend sur plusieurs mois.
Selon la plainte rapportée par le média américain, l’EEOC avait émis en février 2025 des conclusions établissant qu’elle avait des motifs raisonnables de croire qu’une discrimination avait eu lieu.
Une tentative de conciliation n’aurait ensuite pas permis aux parties de parvenir à une entente. L’agence a finalement porté le dossier devant la justice fédérale en août 2026.
Un dossier à surveiller dans l’industrie du camionnage
Cette affaire survient alors que l’industrie nord-américaine du camionnage cherche depuis plusieurs années à attirer davantage de femmes derrière le volant.
Le dossier KLLM pourrait donc être suivi de près par les transporteurs américains, particulièrement en ce qui concerne les politiques de jumelage entre nouveaux chauffeurs et formateurs, la rémunération durant la formation et l’application uniforme des règles aux hommes et aux femmes.
Pour le moment, toutefois, les accusations de l’EEOC demeurent des allégations et devront être démontrées devant le tribunal.
Consulter l’article original de Human Resources Director America

